Faustine, 22, Australie

Prénom: Faustine

Age: 22

Pays de naissance: France

Où vivez-vous maintenant?: Marsfield, Australie

Occupation: Chercher des animaux

Décrivez-vous en quelques mots:   Je dirais que je vois le monde à travers des yeux d’enfant avec toute la gentillesse et la curiosité qui en découlent. En même temps, j’ai la maladresse d’un adulte qui n’a pas tout à fait compris le monde dans lequel il vit, et la force d’un fou qui crois en ses convictions.

Cuisine

Cuisinez- vous ?: 

Oui

Quelle est votre spécialité?: 

Les gâteaux, on ne va pas se mentir!

Habillement

Quelle est votre tenue préférée? : 

C’est facile! Mes habits d’aventurière! (marque “CIMALP”) Je me sent invincible quand je les porte….

Art

Pourriez-vous me donner le nom d’une œuvre d’art qui vous représente ? (Il peut s’agir d’une peinture, d’une chanson, d’un film, d’un livre … Choisissez vraiment le mode d’expression que vous voulez):

Je pense, de suite, à la statue de la liberté: elle a été faite en France, elle a voyagé, elle est grande, forte, femme, … Et puis je me retrouve beaucoup dans le mot de LIBERTE.

Si je devais penser à un livre, je dirais le petit prince.

Réflexion et émotion quotidienne

Qu’est ce qui occupe vos pensées la plus grande partie de la journée?

Comment me rendre utile. 

Inspiration

Qui vous inspire le plus?

La plupart du temps, j’essaye d’être mon propre modèle mais j’ai toujours en tête la gentillesse de ma grand-mère et la justesse d’esprit de ma mère.

Espoir et bonheur

Qu’espérez-vous pour le futur?

Etre toujours plus libre, toujours plus heureuse et ne jamais cesser d’apprendre.

Que signifie le mot « bonheur » pour vous? N’hésitez pas à donner un exemple 🙂

Je dirais, que mon bonheur à moi, c’est quelque chose entre moi et moi-même. Les choses qui m’entourent sont des outils pour être heureuse, mais le bonheur se fabrique dans ma tête. Par exemple, dans une journée normale: mon portable beug, je me retrouve à devoir faire des papiers pour l’administration, je m’engueule avec quelqu’un, je dois ranger ma changer, … Bref, une journée que je pourrais ne pas avoir envie de vivre. Il me suffit qu’un joli oiseau croise ma route, que j’écoute une chanson que j’aime, que je donne un coup de main à quelqu’un et que je laisse cet instant de bonheur envahir ma vie et mon esprit. J’apprend à être heureuse au quotidien, et la positivité entraînant le positif, j’ai de plus en plus d’outils pour être heureuse.

Le sens de la vie

Que pensez-vous être le but de votre vie?

Etre heureuse

Aimez-vous votre travail? Vivez-vous la vie que vous imaginiez vivre?

J’aime ce que je fais et je fais ce que j’ai décidé de faire. A vrai dire, je crois que je n’ai jamais rêvé assez grand pour pouvoir imaginer ma vie aujourd’hui.

Accomplissement

Quel(s) accomplissement(s) vous rend la plus fière?

Avoir su rester moi-même malgré la solitude, et être aujourd’hui aimée pour ce que je suis.

Le plus important dans la vie

Qu’est ce qui est vraiment essentiel dans la vie?

Etre heureux tout en restant sois-même.

Je ne pense pas qu’on puisse être heureux, si l’on n’est pas soi-même. Je crois, qu’il faut se donner les moyens de pouvoir découvrir qui on est. Il faut rencontrer des gens, se cultiver à travers les livres, voyager, … Il ne faut pas oublier qu’on naît dans un contexte qui n’est pas toujours adapté à qui l’on est, et parfois, il faut bousculer ce contexte pour voir qu’il n’y a pas de limites à ce que l’on peut être. Même sans bouger d’ailleurs, en restant physiquement dans le même contexte on peut en sortir quand même, avec la méditation par exemple.

Amour

Quand je vous dis « amour », quel(s) autre(s) mot(s) vous vient(viennent) à l’esprit ?

Confiance. Attachement. Soutient.

Avez-vous déjà eu le cœur brisé? Comment avez-vous surmonté cet épreuve?  

Oui. En brisant d’autres coeurs… haha je rigole 🙂

Je me suis rendu compte que la vie continue. Celui qui m’a brisé le cœur a laissé la place à des choses beaucoup plus belles et plus grandes que lui.

Etes-vous amoureuse en ce moment? Pourquoi lui/ elle? 

Oui. Il a la gentillesse la plus grande, la plus spontanée et la plus juste que je n’ai jamais vue.

Estime de soi

Aimez-vous vous-même? Pourquoi/ Pourquoi pas?

Je m’aime beaucoup. Tout d’abord, parce que je l’ai décidé. Je ne veux pas souffrir de ne pas m’aimer, et puis qui d’autre que moi est mieux placé pour m’aimer? J’ai beaucoup travaillé sur moi pour m’apprécier, m’accepter, et ça m’a permis ensuite de m’améliorer et d’être aimée des autres. Pour ça j’ai regardé mes défauts en face, j’ai cherché à me comprendre sans me juger, j’ai passé beaucoup de temps seule avec moi même, et finalement je peux dire que je suis fière de qui je suis.

Quelle est la meilleure chose que vous ayez accomplit pour vous-même?

Je me suis rendue compte que j’avais besoin de m’aider moi-même. C’est quelque chose de très compliquée pour moi, puisque j’ai tendance à continuer dans ma direction et à faire ce qui est à faire sans prendre en compte mon état. J’ai souvent du mal à me rendre compte que je ne vais pas bien.

Mariage

Etes-vous mariée? 

Non

Que représente le mariage pour vous?

En voyant la palette de couple qui existe dans le monde, je dirais que la seule chose qui est constante c’est que le mariage représente de l’administratif, un statut juridique. Après, si je suis moins objective, pour moi, le mariage c’est la stabilité.
Et une fête en l’honneur d’un amour partagé.

famille

Que représente la famille pour vous?

Ce sont les seules personnes aux monde qui ne me laisseront jamais tomber quoi qu’il arrive.

Êtes-vous proche de vos parents?

Ca dépend beaucoup du référentiel…

Pensez-vous que procréer est inhérent à la condition de femme?  Une femme peut-elle s’accomplir sans enfant ?

Oui, une femme peut s’accomplir sans enfant. Je suis une grande défenseuse de l’idée selon laquelle une femme n’a ni besoin d’un homme, ni d’un enfant ni de quiconque pour être accomplie.

Que pensez-vous de la contraception et de l’avortement ?

Je vais dire une évidence pour moi, mais je sais que ce n’est pas le cas partout: La contraction devrait être accessible à tous, et accepté moralement. Chacun devrait pouvoir faire ce qu’il a envie. Le corps, la génétique appellent à la reproduction via le sexe, mais l’esprit, la personne, son libre arbitre ne veulent pas forcément d’un enfant. Pour la plus part d’entre nous et la plus part du temps, nous voulons des actes sexuels mais pas d’enfants. N’oublions pas que la génétique ne sert pas l’individu mais l’ADN, et qu’il n’est donc pas absurde de vouloir coucher sans enfanter. Notre société doit servir l’humain avant l’Homme, donc pour moi la contraception doit être accessible à tous.

En ce qui concerne l’avortement, je dirais très simplement qu’on ne doit pas juger quelqu’un qui décide d’avorter et que ça devrait être accessible à tous. L’interdire n’a jamais diminué le nombre d’avortement et l’autoriser ne l’a jamais fait augmenté, protégeons simplement les femmes en les laissant avorter dans des endroit seins et entourés de personnes de confiance

Avez-vous des enfants?

Non

Si non, Voulez-vous un(des) enfant(s)? Pourquoi? Combien d’enfants voulez vous ?

Oui, je veux trois enfants! Sans raison… C’est un peu comme l’amour, on peut argumenter mais au fond c’est comme ça et c’est tout…

Héritage

Quel conseil donnerez-vous à votre fille?

Bat-toi, sois sûre de ce que tu fais et n’oublie jamais d’être heureuse!!!

Education

L’éducation est-elle importante pour vous?

Oui, c’est essentiel, si et seulement si ça n’a pas pour but de te mettre des œillères ou de formater ton esprit.

Comment est le système éducatif de votre pays? Qu’en pensez-vous ?

Je le déteste, parce qu’on base l’intelligence et la réussite d’un élève sur sa capacité à réussir des évaluation dans des matières “principales” alors qu’ils sont super jeunes. Je ne pense pas que parce qu’un enfant est mauvais en maths, il ne peut pas s’épanouir dans un des milliard de métiers qui ne sont pas liés aux mathématiques. Ensuite, j’ai toujours eu l’impression que le système scolaire estime que si tu n’est pas bon c’est que tu ne souffre pas assez: On attend des élèves qu’ils s’acharnent à continuer dans une direction qui ne leur correspond pas. Par exemple, lorsqu’un élève fait une bêtise on le puni en lui faisant faire des mathématiques…. Donc on considère que les mathématiques sont une punition? Et alors quoi? Il est normal de faire 5h de punition par semaine simplement pour apprendre? L’école se considère elle-même comme une source de souffrance, c’est absurde….
Je le vois aussi parce que la plupart des solutions, c’est punir au lieu de trouver des solutions, de s’adapter à l’élève. C’est de reprocher au lieu chercher le besoin de l’élève. En gros, on s’attend à ce que les élèves aussi nombreux et différents soient-ils s’adaptent à l’école, alors que ça devrait être l’inverse. Je suis consciente que le système éducatif français reste supérieur à beaucoup d’autres et que nous sommes chanceux d’y avoir accès obligatoirement, laïquement et gratuitement.
Moi je sais que je mettrais mes enfants, si un jour j’en ai, dans une des écoles où ils font ce qu’ils veulent, où ils apprennent ce qu’ils veulent, où ils sont libres et grandissent sans la pression des “notes”… Et quand ils seront grand, ils seront intelligents ET heureux et ils batteront tous les votres, haha!

Religion et spiritualité

Avez-vous une religion? Votre religion a-t’elle un impact sur votre statut de femme? Si oui, comment?

Non je n’ai aucune religion. Mais, j’ai beaucoup appris du boudhisme 

Epreuves de vie

Pourriez-vous me raconter une des plus grosses épreuves que vous avez vécue?

J’ai perdu des personnes très proches de moi.

    Comment l’avez-vous surmontée? Vous a-t-elle changée? Si oui, comment?
    Je ne l’ai pas surmonté dans le sens où je suis encore aujourd’hui incapable de l’accepter. Une en particulier m’a beaucoup changé. Aujourd’hui, plus rien ne me fait peur. Après avoir vécue ça, je suis prête à tous. Et puis j’ai décidé de ne plus être malheureuse pour rien. Je me suis dit: tu as assez souffert, tu ne le mérites pas, sois heureuse maintenant, bas toi pour ça.

    Droits

    Avez-vous déjà ressenti qu’un de vos droits fondamentaux avait été bafoué?

    Oui. J’ai vécu un moment dans un endroit où les gens étaient bof. Il n’y a pas d’autres mots. Il n’y avait pas beaucoup de femmes, et les gens étaient assez isolés. J’ai été harcelée : On m’a donné du boulot simplement parce que j’étais nue sur une plage nudiste; on voulait me toucher, me
    tester, on n’entendait pas quand je disais “Non” et on me parlait, comme si j’étais débile. Du coup, je n’avais plus le droit de m’habiller comme je le voulais. Je n’avais pas le droit de parler librement. Je n’avais pas le droit d’être intelligente. Je n’avais pas le droit d’être moi sous peine d’être harcelée jusqu’à revenir dans la case qu’ils avaient créé pour moi: [Petite Française un peu naïve loin de chez elle qu’il faut protéger et dévergonder]. Bien sûr, je suis à poil à l’autre bout du monde mais j’ai besoin d’inconnus pour me protéger et me dévergonder……

    Quel(s) droit(s) souhaiteriez-vous avoir? Comment pensez-vous pouvoir obtenir ce(s) droit(s)? Comment les autres pourraient vous aider à obtenir ce(s) droit(s)?

    J’aimerais avoir le droit d’être moi-même sans que des inconnus se sentent invités par ma présence à me harceler, à me juger, à me toucher. Cela doit passer par l’éducation. Cela doit être une évidence pour tout le monde. Cela ne devrait même pas être une loi, mais une norme de la mentalité. Le summum, pour moi, c’était les plages nudistes… Quand je partais, parce que je m’étais fait harcelait. Je voyais les hommes bronzer sur la plage, alors que moi je n’avais pas le droit. J’avais envie d’aller les attraper, de les secouer et de leur dire “Donne-moi le droit de faire ce que tu es en train de faire!! Je veux juste bronzer nue, comme toi! Tous les hommes ici pensent que je cherche à coucher en allant sur les plages nudistes en me mettant nue, mais non je veux juste bronzer nue! Comme toi!! Je suis comme toi, je veux les mêmes droits!!” Je pense que les femmes ont leur rôle à jouer. Il ne faut pas se limiter pour correspondre à la société. Il faut pousser les limites loin, même trop loin, au-delà de ce qui nous est naturel, pour pouvoir ensuite avoir la liberté de choisir où se positionner.

    Par exemple, si l’on reparle des plages nudistes : il faudrait que certaines femmes qui se sentent capables et qui en ont envie se forcent à y aller pour peupler les plages nudistes de femmes. L’idée de femmes nues sur ces plages entrerait alors dans la conscience collective. Les femmes pourraient alors très bien profiter des plages nudistes sans pour autant que ce soit une invitation au sexe. Sur la page Facebook d’un groupe d’amis, beaucoup d’hommes mettent des photos de leur culs parce que c’est rigolo. Mais les femmes, jamais. J’ai décidé d’en mettre une de moi. Déjà parce que c’est rigolo, autant qu’un cul d’homme, et ensuite parce que, maintenant, toutes les femmes du groupe peuvent mettre des photos d’elles en sous vêtement, par exemple. C’est beaucoup moins “gênant”, puisqu’il y a mon cul!

    Vous sentez-vous libre?
    Oui, carrément 
     
    Vous sentez-vous en sécurité?
    Oui. Surtout parce je sais me battre.

    Et en ce qui concerne les hommes..

    Comment pensez-vous que les hommes perçoivent les femmes?

    Je pense que de manière très générale que c’est compliqué parfois pour eux de comprendre qu’une femme peut être belle, forte, intelligente ET agréable à vivre.

    Et en ce qui concerne les femmes

    Que signifie pour vous le fait d’être une femme?

    Est femme quiconque se définit comme telle.

    Vous êtes-vous déjà sentie réduite à votre statut de femme dans la société? Pourriez-vous m’en dire plus sur ce point?

    Je vais répondre avec ce post Facebook que j’avais écrit le 20 octobre: :

     

    “Je n’ai presque pas donné de nouvelles depuis mon retour en Australie, à vrai dire tout a été assez compliqué… mais aujourd’hui j’ai envie de raconter ce qu’il s’est passé.

    Je me suis faite arnaquée, harcelée, rabaissée, insultée au plus profond de moi pendant 3mois. Je devrais dire “parce que je suis une jolie jeune fille loin de chez elle”, mais je sais que la faute ne vient pas de moi. Mon patron m’a demandé comment était la “dick” de mon copain et pour combien je jouais dans un porno. J’ai dû dire “leave me alone” à beaucoup de gens. Impossible d’être seule 5s sur les plages nudistes: “can I take your hand?” “can I give you a massage?” Non, jveux juste bronzer à poil, connard!… On m’a embauché uniquement parce que j’étais jolie. On m’a aidé dans le seul espoir de coucher avec moi (ou de m’arnaquer). J’ai haï mon corps, j’aurais voulu l’abandonné là, sous leurs regards de truites, de toute façon mon esprit n’était pour eux qu’une barrière qui les empêchait de me toucher, et ils essayaient et essayaient encore des codes et des astuces pour que la barrière s’ouvre. J’aurais voulu partir sans ce corps, tellement, tellement sali, qui de toute façon ne m’appartenait même plus, pour peut-être avoir une discussion normale avec quelqu’un, pour qu’on me regarde moi et pas ce truc de chair qui me tient sur terre, pour ne plus avoir à surveiller comment je l’habillais, quelles positions je lui donnais, ce que je lui faisais dire, et ce du matin au soir, tous les jours… J’ai essayé d’en parler, mais la réponse était souvent “mais c’est parce que tu es jolie”.

    Je vous emmerde.

    J’ai dû faire beaucoup de travail pour ré-accepter mon corps, me le réapproprié à nouveau, le trouver joli, ne plus le cacher, ne plus vouloir tabasser les gens quand ils le complimentent (ça je n’y arrive pas encore). Mais s’il n’y avait que ça…

    On m’a parlé comme si j’étais demeurée. Les gens qui m’ont rendu triste m’ont donné des leçons sur comment être heureuse, les gens qui m’ont manqué de respect m’ont dit qu’ils voulaient me protéger, les gens qui m’ont arnaqué m’ont expliqué comment éviter les arnaques…. On me disait que j’étais forte, et deux minute après que j’avais besoin de quelqu’un pour me protéger. Combien m’ont dit, alors que je ne savais même pas leur prénom, qu’ils me connaissaient par cœur? Bien sûr, mon esprit est si simple, ma seule définition est “jolie jeune fille perdue loin de chez elle”. Je vous passe tous ceux qui ont pensé que j’étais ravie qu’un inconnu me décrive mentalement juste en me regardant. Genre… parler avec les gens pour les connaitre c’est surfait en 2018..? On me disait des évidences sur des sujets dont on me savait spécialiste. On m’expliquait en détails des choses, alors que je m’égosillais à dire que je les connaissais déjà. Rien à faire pour que les gens changent d’avis, j’ai été bête et perdue aux yeux de tous pendant cette période. Tout le monde savait mieux que moi qui j’étais et ce que je voulais. Mes “non” n’étaient pas des “non” d’une femme qui voyageait seule et avait un libre arbitre, mais des “non” d’une petite fille qui ne savait pas encore qu’en fait elle voulait dire “oui”. 
    Discussion avec un monsieur qui passait son temps à me dire que j’étais jolie… et c’est tout. un plaisir de parler avec lui:
    – Tu fais quoi déjà en France?
    – Je suis en école d’ingénieur
    – Ha, tu n’es pas mannequin??
    Je trouve que cette conversation reflète bien la plus part des relations humaines que j’ai eu pendant cette période.
    Ha et on m’a dit aussi que c’était parce que j’avais l’air faible. Bha… pardon?
    Alors j’ai joué avec eux, je me suit faite ramenée en voiture, offert des verres, des restos, … J’ai rigolé à des blagues nulles, j’ai fait semblant de ne pas comprendre les invitations pour ne pas dire non (parce que de toute façon on n’entendait pas mes “non”), j’ai appris à avoir l’air d’écouter tout en faisant le vide dans ma tête, j’ai clashé quand ça allait trop loin, j’ai jouée l’idiote et la naïve, de toute façon je ne pouvais pas être autrement à leurs yeux.

    Je ne veux pas conclure avec un texte sur le féminisme ou la connerie humaine, concluez-vous même, je n’ai plus envie de me battre, j’ai besoin de repos.

    Depuis le début du mois, je fais un stage en labo à Sydney. Mon entourage s’est transformé: les gens m’écoutent, comptent sur moi, me répondent, … Je peux m’habiller aussi vulgairement que possible, tout le monde s’en fou, pas un seul regard de truite. J’apprends doucement à refaire confiance, à ne plus jouer avec les gens, à ne plus porter mon masque de pauvre’ petite chose débile et naïve, à avoir des relations normales, à ce qu’on m’aide juste pour m’aider et à ne pas en abuser. C’est grâce à ça qu’aujourd’hui je peux vous raconter mon calvaire, je ne porte plus mon masque: Surprise! Je ne suis pas débile, j’ai toujours tout compris à votre jeu!”